Parmi tous les traitements audio, le compresseur est bien un de ceux qui est le plus mal compris. Cela vient sans doute de l'antinomie entre son nom de compresseur et l'usage qui en est attendu de rendre des éléments audio plus sonores (plus forts).
J'aime comparer le compresseur à un petit lutin qui s'occuperait de tenir le bouton de volume et réagirait au son en tenant compte du niveau entrant et des consignes que je lui ai données.
Les consignes se résument ainsi
1 Le seuil (treshold) - Une fois le niveau de seuil atteint, baisser le volume progressivement.
2 Baisser le volume en tenant compte de la proportionnalité spécifiée : le ratio

Comme tous les traitements de ce type, ce plug-in s'utilise exclusivement en insertion et jamais en envoi (send) puisque son rôle est de transformer tout le son et non de lui ajouter quelque chose comme le ferait une réverbération ou un délai.
Nous allons utiliser pour nos exemples l'enregistrement d'une voix. Quelque soit la technique du chanteur enregistré, il est un phénomène que nous ne pouvons éluder. Les consonnes sonnent moins que les voyelles car les voyelles sont vocalisées par tout l'appareil phonatoire (cordes vocales et résonnateurs corporels) alors que les consonnes sont simplement émises par les lèvres "M" ou la langue "S".
Prenons un exemple
et faisons chanter "difficile" à notre chanteuse : écouter ![]()

Comprendre ce type de graphe

En écoutant et regardant on voit que le phénomène décrit ci dessus se produit : "difficile" apparaît ainsi

Nous allons demander à notre petit lutin compresseur de baisser le volume lorsque la ligne rouge est franchie : c'est le réglage seuil.
Le résultat va être le suivant

Avec ces réglages :
Nous constatons que le volume des consonnes est moins éloigné du volume des voyelles qu'auparavant, car le volume des voyelles a baissé, mais nous constatons aussi que le volume le plus élevé ( atteint par les voyelles) a baissé.
Make up gain
C'est là qu'intervient le réglage "make up gain" qui augmente le niveau de toute l'onde après le traitement de compression.
En résumé qu'avons nous fait :
Bien qu'obtenant un niveau équivalent au fichier d'entrée, les consonnes sonnent maintenant plus fort. Notre opération de compression a donc rendu les sons faibles plus forts sans changer le niveau des sons forts . C'est en cela que le compresseur sert à augmenter le niveau !

A quoi ça sert ?
Il y a d'innombrables usages de la compression. Voici les plus courants :
Conserver l'intelligibilité des paroles du chanteur
sans être obligé de diminuer à l'extrême le volume de l'accompagnement
L'effet de masquage en volume (j'élude ici la notion de masquage fréquentiel) peut conduire à baisser de manière excessive le volume de l'orchestre afin d'assurer une bonne compréhension des paroles qui voient leurs consonnes masquées par l'accompagnement ne permettant que l'audition des voyelles et conduisant à l'inintelligibilité du texte.

Maintenir une source audio dans un intervalle de dynamique réduit
En sonorisation, on utilise souvent la compression sur les choristes afin d'éviter que leurs mouvements face au micro (danse) ne nécessite sans cesse un réajustement du niveau.
Augmenter le sustain d'un instrument à cordes pincées ou d'une percussion.
Qu'il s'agisse d'une guitare ou d'une cymbale, l'attaque est forte et la décroissance rapide

Utilisation du paramètre attaque
L'augmentation de la valeur d'attaque est comparable au fait que notre petit lutin
est un peu endormi et ne réagit pas tout de suite en tournant le bouton de volume lorsqu'un signal est entrant dans le compresseur. Le premier instant de l'objet sonore n'est pas traité par le compresseur dans ce cas
Le Knee
Le Knee (hard ou soft) (genou dur ou mou) nous permet de définir comment réagit le compresseur autour de la valeur de seuil. En mode soft knee, la différence entre le comportement sous le seuil et au dessus du seuil est atténuée. La sensation de rupture est moindre. En mode soft knee, la compression commence à s'exercer progressivement au dessous du seuil choisi. Ce comportement est typique des compresseurs à lampes qui réagissaient beaucoup moins rapidement qu'un compresseur à transistors. Le réglage de knee nous permet de simuler cette lenteur de réaction des lampes.

Exemple de réglages d'un compresseur classique.
Le Release (relâchement)
Le paramère Release interdit au compresseur de remonter le niveau à l'instant immédiat où le seuil est franchi lorsque le signal d'entrée décroît. Notre petit
remonte donc le bouton de volume (que l'action de compression lui a fait baisser auparavant) avec une certaine lenteur.
Level ou make up gain
Le paramètre de niveau permet de réamplifier le signal après compression pour conserver, après compression, un niveau identique à celui d'entrée.
B Rétif novembre 2005

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