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Introduction aux
travaux d'Hercule

logo retifwebRéaliser une grande pièce musicale symphonique


Hercule

La réalisation d'une grande pièce musicale nécessite une certaine préparation et organisation. Tout doit être mis en oeuvre pour que la structure des pistes, des parties instrumentales soit limpide afin que la correction des détails soit facile et ne nécessite pas de longues recherches. La gestion des sorties audio et du routing des effets devra également être étudiée avec soin.
Ce petit article sera lu avec plus de profit si les notions exprimées dans l'article "état de l'imitation instrumentale" sont acquises.

Qui contrôle quoi ?

Volume Expression et Mixage
Vous devez établir un protocole fixe pour le contrôle des volumes et de l'expression
En ce qui concerne l'expression, la technique logique est d'utiliser le contrôleur 11; il n'y a pas tellement de questions à se poser la dessus. Il y a néanmoins des choix à faire
- Le contrôleur 11 peut être intégré aux données MIDI et manipulé à l'aide des contrôleurs lane dans le keyboard editor ainsi que le mode keyboard editor de la fenêtre project
- Le contrôleur 11 peut aussi être généré par un plug-in midi en insertion sur la piste midi concernée. Le contrôleur n'est plus manipulable via le keyboard editor mais par l'automation du logiciel. Cette technique n'interdit pas la saisie en temps réel de ce contrôleur via un périphérique midi puisqu'il est possible de cocher "evaluate midi input"
Une chose est certaine en tous cas, il faut choisir une seule des deux méthodes et s'y tenir. Sans cela il deviendra très laborieux de trouver où agir pour modifier votre pièce musicale. Il importe de choisir des valeurs de départ médianes afin de conserver la possibilité d'augmenter ou de diminuer l'expression pendant le déroulement du projet sans être bloqué par l'atteinte d'un maximum naturellement indépassable. (Choisir une valeur de départ de 80 à 100 est souvent un bon choix)

En ce qui concerne le volume plusieurs choix s'offrent à nous. De ces choix dépendront des modes de sortie audio choisis pour les instruments multitimbraux (voir ci-dessous § qui fait les effets).
Si plusieurs instruments sont envoyés à la même paire de sortie audio du générateur de sons multitimbral, la manipulation des volumes pour le mixage se fera via le contrôleur 7 en midi. Comme pour le contrôleur 11 ci-dessus nous aurons deux choix possibles (volume à l'intérieur de la piste dans les éditeurs de type keyboard editor et volume via un plug in midi en insertion) auquel nous pouvons ajouter une troisième voie qui est la manipulation du fader de volume midi de la piste dans l'inspecteur de piste ou le mixer (sans automation possible)
Nous devons également ne pas perdre de vue l'influence des niveaux de vélocité midi sur l'impression de volume (selon les instruments)
Cette gestion du volume est cruciale dans l'organisation d'un projet afin d'éviter de se retrouver dans une situation inextricable ensuite de par sa complexité. Quelle que soit la solution choisie, il faut s'y tenir de bout en bout du projet. Il faut enfin ajouter à cela une consigne de prudence en ce qui concerne les marges d'action.Comme pour le contrôleur 11, il importe de choisir des valeurs de départ médianes afin de conserver la possibilité d'augmenter ou de diminuer un volume pendant le déroulement du projet sans être bloqué par l'atteinte d'un maximum.
Si nous avons choisi de router chaque instrument audio sur une sortie audio séparée (voir ci-dessous § qui fait les effets) de notre générateur de son multitimbral la question se pose alors de choisir comment contrôler le volume de cet instrument. Nous devrons choisir entre le Contrôleur 7 Midi et le volume audio de la tranche du mixer restituant la sortie audio de l'instrument virtuel (automatisable). Il sera raisonnable de choisir de ne manipuler que l'un ou l'autre. Dans le cas du choix de celui de la partie audio, il sera utile de masquer le fader midi concerné dans le mixer.

Les panoramiques : tout ce qui a été dit ci-dessus pour les volumes s'applique à l'identique pour les panoramiques. Néanmoins, dans le cas d'un mixage multicanal il faudra complètement renoncer à une gestion midi de la spacialisation.

Groupes de mixage : la préparation de groupes audio pourra simplifier les opérations de mixage : regrouper l'ensemble les percussions, les bois et les cuivres eux mêmes regroupés dans un groupe vent etc... Voir NB (encadré ci-dessous)

Dossier de pistes : le regroupement des pistes d'intruments de même famille aidera à s'y retrouver et diminuera les opérations de scrolling sur la fenêtre project. L'usage de la séparation de la zone project en deux parties scrollables séparément devra également être utilisée. Voir NB (encadré ci-dessous)

L'organisation des instruments multitimbraux (id. le choix d'instruments joués par chacun) devra permettre d'utiliser la fonction freeze de manière logique (par groupe d'instruments que l'on ne manipule pas pendant que l'on en manipule d'autres). L'insertion de très nombreux instruments virtuels peut finir par rendre lente voir instable votre machine. La fonction freeze permet de diminuer la demande en ressources informatiques en gelant l'état d'un instrument virtuel sous forme d'un simple fichier audio temporaire. Les ressources nécessaires à l'instrument "freezés" ne sont alors plus demandées à l'ordinateur. Voir NB (encadré ci-dessous)

Les groupes de mixages, les dossiers de pistes et l'organisation des instruments virtuels devront être logiquement réalisés; l'idéal étant que tous contiennent, représentent regroupent ou expriment les mêmes entités. Le travail sera grandement facilité par une organisation aussi cohérente et logique.

Qui fait les effets.
Les gros instruments virtuels du marché semblent tous souffrir du même complexe. Tous veulent tout faire, seuls, sans s'appuyer sur l'environnement logiciel qui les héberge. Chacun y va de ses propres traitements midi qui se surajoutent à ceux du logiciel qui les héberge (Bandstand par exemple qui offre humanize ou quantize midi !) et surtout tous offrent réverbération (parfois même très lourde, à convolution), chorus etc.. certains ont leur propre table de mixage, pire encore, certains fournissent des sons déjà traités au lieu de fournir des sons vierges. Dans le cas ou l'instrument multitimbral est utilisé seul ou en mode standalone (hors logiciel d'un d'hébergement - host- ), cela peut se justifier. Dans un logiciel host, cela peut donner l'impression d'arriver à un résultat flatteur très rapidement. Mais dans le cas ou plusieurs de ces instruments sont utilisés cela rend le mixage quasiment impossible en amenant une cacophonie de spacialisation et de reverbérations elles-mêmes réverbérées par la réverbération du logiciel hôte. Il devient très difficile de créer un espace sonore cohérent dans ces conditions. Nous souhaitons évidemment donner l'impression que tous les membres de notre orchestre jouent dans la même salle de concert n'est ce pas ?
Vous devez donc décider si vous utilisez les effets internes aux instruments ou ceux de votre logiciel. Dès l'instant où l'on mélange plusieurs instruments multitimbraux (ce qui est forcément le cas dans un gros projet comme le nôtre) il est préférable de désactiver les effets et d'activer le mode sorties séparées. Dans le cas contraire il y aura d'innombrables niveaux d'actions pour le mixage et la spacialisation ce qui sera fort complexe et long à gérer et interdira pratiquement la création d'une cohérence acoustique. Il nous reste à espérer que les sons fournis sont vierges de tout traitement. (Ce n'est malheureusement pas toujours le cas !)

Les modes de jeu
Dans le cadre de notre travail de reproduction des gestes instrumentaux nous avons à gérer les modes de jeu de l'instrumentiste virtuel que nous faisons jouer dans notre séquence. Par exemple, pour un instrument à cordes nous avons tiré, poussé arco, pizz, spiccato, ponticello, glissando, vibrato, espressivo, crescendo, decrescendo, etc... à chacun de ces gestes instrumentaux correspond selon les cas un contrôleur midi, le choix d'un autre instrument de notre générateur de son multicanal ou enfin l'envoi avant de jouer la note d'une touche de contrôle. (Voir article "état de l'imitation instrumentale")

L'utilisation des contrôleurs nécessitera de répondre aux mêmes questions que ce qui est décrit ci-dessus au sujet des contrôleurs 7 10 et 11. En résumé nous devrons décider si ces contrôleurs apparaissent en tant qu'évènements midi dans les segments midi ou en tant que plugin midi inséré dans l'inspecteur de piste midi et piloté par l'automation.

L'utilisation d'un autre instrument sur un autre canal midi à l'intérieur d'un même instrument multitimbral pourra se faire de deux façons.
- Nous pourrons créer une piste par mode de jeu sur chacun des canaux requis.
- Nous pourrons assigner à la piste la bonne sortie MIDI et en ne précisant pas le canal midi (mode any) nous aurons simplement à changer le canal de la note dans l'éditeur. Le keyboard éditeur prévoit d'afficher une couleur différente selon le canal MIDI rendant cette méthode assez agréable. Naturellement si l'instrument appelé pour ce mode de jeu ne se trouve pas dans le même instrument multitimbral cette méthode n'est pas applicable. (Seul le keyboard drum editor permet d'adresser des évènements à l'intérieur d'une même piste vers des sorties midi différentes)

L'envoi d'une note de contrôle est souvent la solution retenue pour les "gros instruments virtuels du marché". Il s'agit en général d'une note très grave située autour du C0. Nous avons deux choix possibles, intégrer ces notes de contrôle dans le segment lui même ou encore sur une autre piste émettant vers le même instrument (même sortie MIDI & même canal)

La solution consistant à émettre un program change pour changer de timbre ou de mode de jeu à l'intérieur d'une séquence n'est plus de mise à notre époque. Le temps de chargement d'un timbre est beaucoup trop long !

Une piste par mode de jeu, un canal par mode de jeu, changement de mode de jeu par touche de contrôle (sur la même piste que les notes ou sur une autre piste), utilisation des program change, les solutions sont nombreuses. Il importe d'en choisir une et de ne pas mélanger des méthodes différentes sous peine de se retrouver à la tête d'un projet d'une complexité inextricable.

Mode de suivi (chase).
Le Chase event permet lors d'une lecture non linéaire d'un projet (démarrage depuis un point quelconque) de s'assurer que l'état des contrôleurs et program change est le bon et non celui hérité du dernier passage lu par le séquenceur. Ceci est assez utile lors du travail sur une séquence et indispensable lors de l'utilisation du play order track. En général on ne valide pas le chase event pour les notes car cela peut produire beaucoup de bruit lors d'un start. Pourtant , lors de l'utilisation du mode touche de commande il serait bien utile que ces notes soient renvoyées.

page modifiée le : 3/12/07 - Bernard Rétif